La prise de conscience des institutions financières face aux risques de climat

Les actions ont toujours eu plus de poids que les mots.
Le secteur bancaire est un domaine très compétitif, mais il semble souvent que tout se passe de manière synchronisée.

Lorsqu’une grande banque canadienne ajuste ses taux d’intérêt, les autres suivent presque immédiatement.
Désormais, on craint que la décision d’une importante caisse de crédit québécoise puisse avoir un effet domino similaire, une onde de choc qui pourrait se propager dans tout le marché immobilier canadien.
Le groupe Desjardins a annoncé qu’il ne financerait plus de nouveaux prêts hypothécaires pour les maisons exposées à des risques importants d’inondations, affirmant que “les impacts du changement climatique, y compris les dommages causés par l’eau, sont de plus en plus importants et causent des dégâts considérables.” Les maisons concernées sont celles situées dans des plaines inondables de zéro à vingt ans.
Cette décision est le résultat des changements survenus sur le marché de l’assurance habitation au Canada.
Depuis les importantes inondations en Alberta en 2013, les assurances contre les inondations par débordement sont devenues de plus en plus difficiles à obtenir. Les compagnies d’assurance refusent tout simplement de souscrire des polices pour les propriétaires présentant un risque élevé d’inondation.
Des efforts ont été déployés pour que le gouvernement fédéral assume une responsabilité supplémentaire en matière d’assurance contre les inondations par débordement, en associant dans une certaine mesure le secteur privé de l’assurance pour proposer des assurances contre les inondations à moindre coût et même une “relocalisation stratégique” des zones à risque d’inondations récurrentes. Mais le plan fédéral n’avance pas rapidement.
Et sans ce plan fédéral, le problème pourrait prendre des proportions considérables.
Le souci est qu’il est fort probable que, comme cela se produit souvent (et comme cela s’est produit dans l’industrie de l’assurance), d’autres institutions financières emboîtent le pas à Desjardins. Si tel était le cas, cela pourrait affecter la capacité des propriétaires à obtenir de nouveaux prêts hypothécaires pour environ 10% du marché immobilier, soit environ 1,5 million de maisons. Cela pourrait entraîner une dépréciation des maisons alors que les acheteurs se tournent vers d’autres alternatives, ou cela pourrait pousser les futurs propriétaires à payer beaucoup plus cher pour des prêts hypothécaires proposés par des prêteurs acceptant de prendre le risque d’inondation.
Cela crée également un problème de concentration pour les prêteurs: s’il y a moins d’acteurs dans un marché hypothécaire particulier, ceux qui acceptent de prendre le risque finiront par avoir une proportion plus élevée de clients à risque élevé dans leurs portefeuilles hypothécaires.
Le résultat final probable est que, même si vous pouvez obtenir un prêt, une maison dans une zone à risque coûtera plus cher à la fois pour l’assurer et pour l’hypothéquer.

La réaction instinctive de certaines personnes qui lisent cet article pourrait être que les entreprises “essaient simplement de gagner plus d’argent”.
Eh bien, c’est absolument vrai – en utilisant des preuves et leur expérience, elles empruntent une voie qu’elles estiment qui leur permettra de garder plus d’argent dans leurs poches.

Ce n’est pas parce que les compagnies d’assurance – et maintenant une grande société de financement du Québec – profitent d’un vaste complot climatique.
Si le changement climatique était simplement un complot, il y aurait beaucoup plus d’argent à gagner en restant sur le marché et en facturant des prix élevés aux clients pour un risque qui n’existe pas réellement. Se retirer du marché serait comme renoncer à de l’argent gratuit.
Mais ce n’est pas le cas.
Il s’agit en réalité d’une décision prise en fonction de réalités financières pragmatiques et sonnantes – une décision prise en observant la taille de plus en plus importante des indemnisations versées par les compagnies d’assurance pour des événements directement liés au climat au Canada.

Les compagnies ne peuvent tout simplement pas se permettre de fermer les yeux, d’ignorer les faits et de payer des sommes de plus en plus importantes pour avoir ignoré des risques évidents.
Les scientifiques disent depuis des années que le changement climatique entraînera des événements météorologiques plus fréquents et plus intenses.
Les compagnies d’assurance, et maintenant un organisme de financement immobilier, disent exactement la même chose.
Vous ne voulez pas suivre la science?
Alors suivez l’argent.

Une section FAQ basée sur les principaux sujets et informations présentés dans l’article :

Q : Quelle décision a été prise par le groupe Desjardins ?
R : Le groupe Desjardins a annoncé qu’il ne financerait plus de nouveaux prêts hypothécaires pour les maisons exposées à des risques importants d’inondations.

Q : Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?
R : Desjardins a pris cette décision en raison des dommages considérables causés par les impacts du changement climatique, en particulier les dommages causés par l’eau.

Q : Quelles sont les maisons concernées par cette décision ?
R : Les maisons concernées sont celles situées dans des plaines inondables de zéro à vingt ans.

Q : Pourquoi les assurances contre les inondations sont-elles devenues plus difficiles à obtenir ?
R : Depuis les importantes inondations en Alberta en 2013, les compagnies d’assurance refusent de souscrire des polices pour les propriétaires présentant un risque élevé d’inondation.

Q : Est-ce que le gouvernement fédéral a pris des mesures pour résoudre ce problème ?
R : Des efforts ont été déployés pour que le gouvernement fédéral assume une responsabilité supplémentaire en matière d’assurance contre les inondations par débordement, mais le plan fédéral n’avance pas rapidement.

Q : Quelle pourrait être l’impact de cette décision sur le marché immobilier ?
R : Si d’autres institutions financières emboîtent le pas à Desjardins, cela pourrait affecter la capacité des propriétaires à obtenir de nouveaux prêts hypothécaires pour environ 10% du marché immobilier, soit environ 1,5 million de maisons.

Definitions:
– Assurance hypothécaire : L’assurance hypothécaire est une assurance qui protège les prêteurs en cas de défaut de paiement de l’emprunteur.
– Prêt hypothécaire : Un prêt hypothécaire est un prêt accordé par une institution financière pour l’achat d’un bien immobilier, le prêt est garanti par une hypothèque sur le bien.

Links:
Desjardins
Gouvernement du Canada